"comme par enchantement..."

le dodécadome, fleuron de baume rousse


bienvenue au petit peuple de baume rousse

Comme par enchantement

CARNET DE VOYAGE
bienvenue au petit peuple

AUTOMNE

Novembre 2004

Cela a commencé à la sortie « Valence Sud » de l’Autoroute… quelque chose dans l’air, déjà, avait changé… et puis, passé le rond-point d’Etoile , voici qu’apparaît, majestueux, le vaisseau de Saou avec ses trois becs en proue et son nid de colombe en poupe… puis Crest et son imposant donjon… et puis voilà que la Vallée de la Sye m’invite à quitter la rivière Drôme et à monter vers le Nord, à l’assaut du Vercors, face Sud.

Un instant m’apparaît, en un paysage quasi féerique, le village perché de Cobonne, surmontant une écharpe de brume et, barrant l’horizon, les falaises rouge et or de Gigors : plus que quelques kilomètres et j’atteindrai mon but !

le baume rousse pur brebis fermier au lait cru

 Un petit mouton m’invite à tourner à droite, puis à gauche, et me voilà grimpant une côte-lette (qui doit se mériter à vélo !) sous une voûte d’arbres tourmentés où j’entends déjà geindre quelques génies des bois…

et puis on tourne à droite et la lumière explose : 
 les rayons de ce couchant automnal illuminent la forêt et, comme par enchantement, Baume Rousse luit , là au milieu, d’un or parfait, nimbé de roses et d’ocres… de mille reflets cuivrés, blonds ou roux. Mon petit destrier en cahote d’émotion et j’attaque la dernière montée la joie au coeur.

automne doré a baume rousse

Le bélier de la boîte aux lettres oscille avec la bise et me fait signe que, oui, je peux y aller, tout est prêt, on m’attend…

hiver de neige a baume rousse

le feu crépite en effet dans la cheminée et la joie de vivre dans les yeux de mes hôtes.

Le temps de poser mes paquets dans le gîte aux quatre vues, le bien nommé, et me voilà plongée avec délices dans la tiédeur de la bergerie. Les agneaux courent et caracolent,

jolis agneaux a baume rousse

 jouant à saute mouton sur le dos de brebis impassibles mais parfois irritées par ces petits garnements…

Avant de rejoindre mon gîte, j’admire l’architecture des lieux : la maison de pierre dont on dirait qu’elle est tout droit sortie du champ et mise debout, en osmose avec son environnement naturel, l’harmonie des formes, l’espace pour que le soleil entre en hiver et s’écarte en été…

Ensuite je goûte avec bonheur une douche chaude sur mon corps un peu endolori par la route ; j’ai bien lu qu’ici «  l’eau est un bien précieux que nous amène la montagne » et j’en savoure chaque goutte sur ma peau, puis chaque goutte fraîche dans ma gorge, rendant grâce à l’ondine qui l’a rendue si pure et si désaltérante et qui lui confère un si bon goût.

Imaginant d’avance ce que la route aurait fait de mes forces, j’avais demandé à Marion et Stéphane de manger à leur table ce soir là : « un repas partagé » avaient-ils précisé … et, justement, j’avais bien envie de cela ! une bonne vraie soupe, comme je n’en avais pas mangé depuis des lustres, avec les bons légumes du potager, et un zeste d’exotisme… juste assez pour nous empêcher de sombrer dans la nostalgie des temps qui ne sont plus et pour nous aider à nous tourner vers demain… des fromages tout frais pondus…. 

la lavande sourit aux trois becs a baume rousse

Une infusion de lavande, plante maîtresse des lieux… , pour remettre en harmonie mon corps et mon âme, chamboulés par tant de nouveautés, et me voilà prête pour ma première nuit à la Ferme de Baume Rousse…

… à suivre…