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"comme par enchantement..."


le dodécadome, fleuron de baume rousse


bienvenue au petit peuple de baume rousse

 

Extrait Histoires d’Elfes II

« Le gars Paulin, c’était un brave gars.
Il aimait sa terre et elle le lui rendait bien.
C’était une bonne terre, avec de l’argile, du calcaire, une couche d’humus moelleuse qui montrait qu’on l’avait enrichie avec constance et amour.
Quand il marchait sur sa terre, le gars Paulin, il était fier. Et il avait raison !

Elle était souple sa terre ; on avait toujours l’impression de marcher sur quelque chose de doux, de vivant, d’aérien, presque. 

Elle n’était pas dure sous le pied nu, même les cailloux n’étaient pas pointus.

Quand il travaillait sa terre, le gars Paulin, il était heureux. Heureux comme on peut l’être quand la bêche ou le banard s’enfoncent tout seul, comme s’il était attendu, comme s’il était accueilli, presque aspiré.

Et au doux temps des semailles, quand il traçait son sillon, c’était comme si la terre s’écartait pour le laisser passer, puis chaque graine était comme absorbée, enfouie, prête à s’adonner au plus tendre des sommeils, celui de l’hiver.

 Alors, le gars Paulin, il ne se plaignait de rien.
Il était bien, là. Heureux. Tout simplement.
Nourri à la fois par l’amour de sa terre et par les fruits qu’elle lui donnait.

 Au printemps, quand tout jaillissait de l’ombre profonde pour s’élancer vers le soleil, c’était un éblouissement.

D’abord c’était timide. Un verdoiement à peine perceptible.

Des petites pousses osant tout juste montrer le bout de leur nez de peur qu’un gel tardif ne vienne les ratatiner.

Et puis, plus sûres d’elles, toutes ces pousses se faisaient feuille, tige, et, chacune avec son génie propre, se lançaient à la conquête du vaste monde.

Les blés dardaient leur rectitude vers le ciel, après un tallage bienfaiteur ; les pois et les haricots enroulaient leurs vrilles ; les salades étalaient leurs larges feuilles… les arbres sortaient leurs fleurs, leurs feuilles ; les fruits, peu à peu, se distinguaient aux aisselles des branches…. Et les fleurs, toutes ces fleurs des champs qui s’apprêtaient à être un si tendre pâturage, puis à devenir un si beau foin pour l’hiver prochain ; et les roses, ces roses merveilleuses au parfum si subtil, frais ou captivant. … »

Marion Haas